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Conclusions du Conseil européen des 10 et 11 décembre 2009

Discours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE, au Parlement européen
Strasbourg, 16 décembre 2009

Joseph Daul, au nom du groupe PPE. Monsieur le Président, Messieurs les présidents, chers collègues, le groupe PPE se reconnaît dans la façon dont, cher Fredrik Reinfeldt, vous avez géré la présidence tournante, conformément au traité de Nice. Il se reconnaît aussi dans les dernières propositions du Conseil européen, que ce soit sur le climat, la crise, ou encore la mise en place d'une Europe de la sécurité, d'une Europe qui protège.

Oui, mon groupe est d'accord avec la gestion honnête et responsable des affaires européennes, qui a été la marque de fabrique de la Présidence suédoise. Gestion honnête parce qu'au moment où tant de nos amis, voisins ou parents sont frappés par la crise parce qu'ils ont perdu leur emploi ou en sont encore menacés, l'Europe ne leur a pas fait de fausses promesses. Elle bâtit l'avenir, notre avenir, en faisant en sorte que les entreprises retrouvent les moyens de créer, d'innover et donc de créer des emplois.

Gestion responsable, parce que sur le climat, sur la sécurité, mais aussi sur l'emploi et l'économie, l'Europe met en œuvre le modèle de l'économie sociale de marché. Elle organise le calendrier, les modalités d'une sortie de crise concertée, progressive, mais difficile. Elle moralise les pratiques désastreuses des décennies passées sur les marchés financiers. Elle soutient les PME, elle renforce la cohésion sociale, sans laquelle rien de durable ne peut se faire.

Mais prenons garde de ne pas répéter les erreurs de la stratégie de Lisbonne qui, en fixant des objectifs irréalistes, a déçu plus qu'autre chose. Attention à ce que la nouvelle stratégie économique, baptisée "Union européenne 2020", ne soit pas une nouvelle usine à gaz. Chers Présidents Reinfeldt et Barroso, sur le climat, là encore, l'Europe fait preuve d'esprit de responsabilité. En décidant de débloquer une aide de 2,4 milliards d'euros par an sur trois ans, l'Europe montre l'exemple en comptant pour un tiers des aides mondiales aux pays les plus pauvres.

J'attends maintenant que nos partenaires en fassent autant. J'attends de Copenhague des engagements équilibrés, des engagements sur le court et moyen terme, et des engagements vérifiables, assortis de sanctions financières en cas de non-respect. En d'autres termes, j'attends de Copenhague qu'il ne soit pas un marché de dupes pour l'Europe.

Pour terminer, le groupe PPE approuve les orientations du Conseil sur la sécurité avec le nouveau programme de Stockholm. Nos concitoyens sont demandeurs de plus de sécurité, mais aussi de respect des libertés publiques. Ils veulent être protégés dans leur vie quotidienne, ils veulent savoir ce qu'ils mangent et ce qu'ils consomment, mais ils entendent, dans le même temps – et c'est normal –, vivre dans une société plus juste et plus respectueuse de l'autre. C'est précisément le type d'Europe que nous, PPE, défendons et promouvons.

Chers collègues, après le temps des crises aiguës, après le temps des péripéties institutionnelles est venu celui des grandes décisions, et notre marge d'erreur est étroite. Dans quelques jours, on verra si le courage de l'Europe sur le climat a payé. On verra si les États-Unis, la Chine et les autres ne font que jouer la montre ou s'ils veulent se qualifier pour la finale des acteurs mondiaux responsables.

Je remercie la Présidence suédoise pour ses efforts et surtout, maintenant que c'est Noël, M. Fredrik Reinfeldt. Vous avez bien travaillé pendant six mois, ce n'était pas facile, nous le savons tous. Je souhaite aussi le meilleur à Herman Van Rompuy, qui prendra le relais pour deux ans et demi et je demande au Conseil de ne pas oublier que, désormais, Conseil et Parlement jouent dans la même ligue avec un petit plus de transparence.

 


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