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Présentation du programme de la Présidence espagnole

Discours de Joseph Daul, Président du Groupe du PPE, au Parlement européen
Strasbourg, 20 janvier 2010

Joseph Daul, au nom du groupe PPE. Monsieur le Président, chers collègues, l'économie, le social, le climat et l'énergie sont les grandes priorités de la présidence espagnole et ils feront à juste titre l'objet de toutes les attentions de l'Europe. C'est pourquoi la première décision de M. Van Rompuy, à savoir de convoquer un Conseil européen consacré à l'économie et au climat et, désormais aussi, bien sûr, à la stratégie d'Haïti – vous en avez parlé; je crois que là, il faut que l'Europe montre son cœur et son savoir-faire et il faut que vous interveniez pour que vous soyez plus présents au niveau du Conseil à Haïti – est à mes yeux une position positive.

C'est pourquoi le débat que vous avez vous-même lancé, Monsieur Zapatero, sur un possible gouvernement économique européen est aussi le bienvenu, même si, et peut-être parce que les avis divergent pour l'instant sur ce sujet et c'est normal, il ne faut pas avoir peur, Mesdames et Messieurs, de parler au niveau européen de politique avec un P majuscule, et il faut qu'on se dise les vérités.

Il ne faut pas avoir peur des grands débats, et je vous remercie, Monsieur le Président du Conseil, d'y avoir contribué, car la politique économique et sociale est le grand débat, celui qui préoccupe le plus nos citoyens, celui auquel nous devons donner des réponses à court, moyen et long termes. Comme l'a dit José Manuel Barroso, c'est le bon moment pour aborder la question des objectifs économiques des pays de l'Union. C'est effectivement une question de survie pour l'Europe et son modèle social.

Monsieur le Premier ministre, les difficultés économiques, vous savez ce que c'est. C'est un chômage record de près de 20 % et un déficit public proche de 11 % en Espagne. Il faut bien le dire, vous êtes dans un pays où vous connaissez des problèmes. Je salue donc votre volonté de faire du retour à la croissance et à la création d'emplois, l'alpha et l'oméga de votre Présidence. Mais pour être honnête, Monsieur le Premier ministre – j'ai dit il faut qu'on se dise la vérité –, je ne suis pas sûr que les solutions que vous, et la famille politique à laquelle vous appartenez, prônez pour sortir de la crise et pour faire de l'Europe sociale une réalité soit les plus adaptées.

Pour le PPE, en effet, sortir de la crise et créer des emplois ne peuvent pas passer par des dépenses publiques accrues mais par un environnement économique, fiscal et écologique favorable aux entreprises, et notamment aux petites et moyennes entreprises. Et je pense beaucoup aux petites et moyennes entreprises au niveau de l'emploi dans nos pays et dans nos régions. La cohésion sociale – rudement mise à l'épreuve par la crise et par les scandales des bonus et des primes à l'incompétence de certains managers – ne saurait être bâtie sur l'artisanat, mais sur une croissance durable qui profite au plus grand nombre.

Pour conclure, je voudrais m'adresser au Conseil, que ce soit à la Présidence tournante ou à la Présidence stable, pour vous dire de façon solennelle qu'avec le traité de Lisbonne, les temps ont changé, le Conseil et le Parlement doivent désormais travailler en étroite coopération et d'égal à égal. Cette nouvelle relation passe évidemment par des normes juridiques – et là, je fais confiance à nos juristes, pour appliquer avec zèle le nouveau traité – mais elle doit aussi passer par une confiance politique mutuelle, par des gestes symboliques. À ce propos, je réitère ici mon souhait que la Présidence du Conseil se prête à un rythme régulier au jeu de questions/réponses spontanées avec les membres du Parlement européen, comme le fait depuis désormais quelques mois le Président de la Commission, José Manuel Barroso, et comme vous le faites vous-même ce matin, Monsieur Zapatero. Vous avez six mois pour instaurer ce principe.

Je souhaite donc le meilleur au Président du Conseil pour les six mois à venir et que nous arrivions ensemble, au cours de ces six mois, à faire avancer l'Europe. C'est tout le mal que je vous souhaite.

 


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